Les formations en communication digitale se sont multipliées ces dernières années, mais correspondent-elles aux réalités du marché du travail ? Le traditionnel retard pris par les offres de formations tend cependant à se réduire, notamment à travers les initiatives d’acteurs privés et publics, qui soutiennent une économie tournée vers l’avenir, et vers un marché toujours en expansion.

Les formations en communication digitale face à un secteur en mouvement

La communication digitale correspond aux moyens et méthodes de communication à travers des outils numériques et dématérialisés. Les canaux et plateformes tels que les sites internet, les réseaux sociaux ainsi que l’usage de plus en plus répandu du mobile et donc d’une banalisation de la stratégie mobile first pour les créateurs de sites internet, caractérisent la communication digitale telle qu’on l’entend aujourd’hui. La multiplicité de ses outils lui autorise une multitude de stratégies de communication.

En 2012 on comptait environ 15 milliards d’objets connectés dans le monde, soit autant de supports susceptibles d’être sujet à une communication digitale. La France est aussi le troisième pays européen, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne, en matière de publicité sur internet (1). Un enjeu de taille pour les entreprises qui doivent tendre à exploiter ces supports de communication de manière pertinente et efficace. Cependant, pour bon nombre d’entreprises, la communication digitale a pendant longtemps été reléguée (et l’est encore) en second plan, aujourd’hui le retard s’est fortement creusé.

On peut en effet se poser la question du retard enregistré concernant le potentiel de la communication digitale. Car si la France reste bien classée en Europe concernant la publicité en ligne, l’importance de ce type de communication reste très sous-estimé. Ainsi la France est-elle avant dernière en Europe (devant la Roumanie) concernant la croissance de la communication en ligne.

Un large choix d’écoles et de formations 

On ne compte plus les formations qui proposent un enseignement en communication digitale, qu’elles soient tournées vers du marketing pur, vers du design, de la publicité sur internet ou vers un mix entre communication physique et digitale.

Le nombre d’écoles et de formations en communication digitale a explosé ces dernières années, créant ainsi un marché très concurrentiel. Les offres de formations sont soutenues par un marché assez demandeur des compétences que ces formations proposent. Les aides en relation avec le monde du digital, qu’elles soient européenne, nationale ou régionale, répondent à une recherche constante d’adaptation dans un secteur ultra-évolutif. La digitalisation des entreprises, bien que souvent tardive, a engendré une demande en communication digitale.

L’initiative public French Tech par exemple, soutient l’innovation digitale et accompagne les entreprises dans leurs stratégies de numérisation puis de digitalisation. C’est environ 200 millions d’euros qui vont être investis dans des initiatives privées pour l’accélération du processus. De plus, 15 millions d’euros seront aussi investis dans des incubateurs de start-up pour soutenir la création d’acteurs du digital.

Du point de vue des organismes privés, les incubateurs de start-up ou les pépinières d’entreprises soutiennent régulièrement la digitalisation de leurs acteurs. La communication digitale est donc soutenue aussi indirectement par les efforts menés pour l’adaptation des entreprises à un marché dématérialisé. Selon une étude McKinsey (2), une entreprise qui réussit sa transition digitale peut enregistrer jusqu’à 40% d’augmentation de ses revenus.

Une réalité du marché encourageante

Le marché de l’emploi qui est constamment bouleversé par ces changements, voit l’apparition de nouveaux critères de recherche et de sélection des demandeurs d’emplois. L’expérience en communication digitale est un critère de plus en plus recherché par les entreprises. Le retard pris à ce niveau est considérable et ce constat est corroboré par les parties prenantes même au sein des entreprises. Le risque de perte de part de marché est vraiment important, car les nouveaux concurrents qui sont plus en phase avec leurs cibles ont développé des stratégies en communication digitale depuis un certain temps. On dénombre beaucoup de « pure-players » ou de jeunes entreprises ayant conquit une base de clientèle importante au détriment d’acteurs déjà présents car leur communication digitale était bien plus effective et plus intelligemment menée.

La ville de Bordeaux est plutôt bien placée à l’échelle nationale concernant l’emploi dans le digital. Quatrième métropole concernant l’emploi dans ce secteur et 3ème métropole en terme de création d’entreprises, Bordeaux compte environ 22 000 emplois et 140 formations dans 50 établissements. Les travaux et efforts menés depuis plusieurs années maintenant dans le digital permettent à la ville d’accueillir de grands acteurs digitaux comme OVH, Thales, Cdiscount, Ubisoft ou Niji, et qui sont demandeurs de professionnels de la communication dans le digital.

 

Le retard enregistré depuis plusieurs années, ainsi qu’un manque de considération à propos de la communication digitale ont aujourd’hui une répercussion sur la compétitivité des entreprises. On remarque cependant des initiatives et des offres de formations très fournies (écoles de commerces, universités, centres de formation…) qui tendent à inverser la tendance. Mais ces formations correspondent-elles à une réalité du marché qui évolue plus vite que les formations ?

 

Yoann Saget – LEXAN Bordeaux

 

Sources :

Travail.gouv.fr

(1)Etude Adex Benchmark 2016

(2)Etude McKinsey