Le mois dernier se tenait la conférence “Signaux Numériques 2015”, à l’occasion de la French Tech et de la présentation de la Cité Numérique à Bègles.

Monsieur Antoine Chotard, Responsable veille et prospective d’A.E.C (l’Agence Aquitaine du Numérique), nous a offert à cette occasion son point de vue sur les tendances techniques, sociologiques et économiques engendrées par le numérique.

L’accent a largement été porté sur la disruption qu’a entraîné, au début des années 2000, le numérique, “avec l’arrivée d’acteurs met[tant] à mal tout un marché, une filière et des chaînes de valeurs…”, en réorganisant les circuits de distribution avec la suppression de nombreux intermédiaires. En effet, le numérique a initialement, notamment dans le domaine de la création, abaissé les barrières à l’entrée sur le marché, en facilitant une mise en relation directe entre l’offre et la demande.

Après un certain “âge d’or” de la liberté de diffusion, avec l’essor de nouveaux modèles économiques comme le crowdfunding, la tendance est aujourd’hui à une reconcentration  du marché, avec une reconstitution in fine de la chaîne de valeurs. Pour autant, le financement participatif a permis à de nombreuses start-ups de se lancer, en trouvant leur public grâce à des innovations produits ou des originalités certaines en termes de marketing.

Ainsi, de nombreux succès du crowdfunding ont été rachetés par des acteurs économiques majeurs, lesquels utilisent ces start-ups comme des laboratoires R&D à moindre coût. Ainsi, l’occulus rift, financé sur la plateforme Kickstarter, a été racheté récemment par Facebook.

Sur le plan social, et notamment au regard de son impact sur l’emploi, le numérique “dérange” encore quelque peu. En effet, le digital met à mal de nombreux métiers. Le ministère du travail américain considère que “65 % des écoliers d’aujourd’hui pratiqueront, une fois diplômés, des métiers qui n’ont même pas encore été inventés”. Si le marché de l’emploi est en quelque sorte perturbé par l’économie digitale, le numérique permet également d’accélérer la création de nouveaux emplois en lien direct avec les nouvelles technologies.

Le développement d’intelligence artificielle (au sens de la création d’algorithmes complexes permettant l’automatisation de certaines tâches), est à ce jour en voie d’initier une réelle évolution au regard des secteurs de l’économie traditionnelle. Le secteur primaire et secondaire viennent se sophistiquer avec l’intégration de systèmes informatisés qui contrôlent et automatisent une grande partie des productions. Le secteur tertiaire a quant à lui déjà largement intégré la mutation du numérique créant un environnement propice au développement du numérique dans les deux autres secteurs.

Le numérique est en outre fortement générateur de valeur. “Selon McKinsey, en offrant aux entreprises un écosystème plus favorable au numérique, la France peut espérer un surcroît de PIB digital de 100 milliards d’euros par an à l’horizon 2020”. L’impact potentiel des technologies numériques (cloud computing, impression 3D, internet des objets, Big Data…) s’élèvera ainsi à près de 1 000 milliards d’euros en France d’ici à 2025, en prenant en compte la création de valeur ajoutée et le surplus de valeur dont bénéficient les consommateurs.

Au sein de cette nouvelle économie, le rôle de l’intervenant professionnel au regard de l’identité numérique de l’entreprise devient de plus en plus crucial. Du “simple” webmaster, webdesigner, celui-ci est en passe de devenir un véritable stratège digital, maîtrisant tout l’univers d’une marque sur internet que ce soit en terme de référencement, d’utilisation stratégique des réseaux sociaux, de l’UX ou encore de campagne de communication digitale, au service du développement numérique de l’entreprise.

Signaux Numériques 2015 par Antoine Chotard AEC