Digitalisation, « start your Uber » now!

11 août 2019, by
Homme avec montre connecté choisissant ses loisirs

En 2009 voit le jour la société Uber aux Etats-Unis à San Francisco, une application pour smartphone ayant pour objectif de mettre directement en relation un client et un service de chauffeurs privés. Le concept est né des deux fondateurs qui avaient du mal à trouver un taxi. Le succès de l’application et du concept lui a valu d’être copié jusqu’au nom de la marque pour en faire le terme générique ”Ubérisation”.

Ainsi l’ubérisation comprend tous ces nouveaux services via le digital mettant en relation une offre (des services) et une demande (les clients) en prélevant une commission. Une multitude de plateformes ont vu le jour délivrant différents services.

L’expansion de l’ubérisation, reflet des nouveaux modes de consommation

Nombreux sont les secteurs qui connaissent cette ubérisation. Les plus connus sont bien sûr la livraison de repas à domicile avec comme exemples phares Deliveroo et UberEats, ou encore la révolution de l’hôtellerie par AirBnb qui supprime les intermédiaires et  propose, à l’échelle mondiale, pas moins d’1,5 millions de lits chez des particuliers.

Au-delà de ces références, le phénomène d’ubérisation touche également les libraires avec Amazon qui propose aux auteurs de publier leurs œuvres électroniquement, les avocats grâce à WeClaim ou LegalStart qui proposent des services juridiques en ligne, les experts comptables incarnés par ECL et Ça Compte pour moi, et bien d’autres comme les banques, les restaurateurs, les services à la personne, le bâtiment ou encore l’éducation avec toutes ces nouvelles plateformes proposant des cours et formations en ligne.

L’ubérisation n’est en revanche pas à confondre avec l’économie collaborative, elle-même basée sur un principe communautaire. En effet comme définit précédemment, l’ubérisation concerne un prestataire, un client final et une plateforme prélevant une commission sur les échange en assurant un service de qualité (évaluation du prestataire et réception du paiement du client).

A l’inverse, l’économie collaborative exclut la plateforme et se base sur une communauté et la confiance entre les deux protagonistes. L’incarnation même de cette économie pourrait s’apparenter à Leboncoin.

Bien que les modèles soient légèrement différents, ces deux concepts sont une conséquence du développement des nouvelles technologie. Elles ont également eu du succès par ces temps de crise car les prestations proposées sont en effet pratiquées à des prix inférieurs aux modèles traditionnels. Les nouveaux modes de consommation que reflètent l’ubérisation ou l’économie collaborative donnent du fil à retordre aux secteurs touchés par ce phénomène.


Toutes ces avancées technologiques et nouveaux modèles économiques sont des révolutions pour tous les secteurs concernés, perçues souvent comme des menaces pour les modèles traditionnels. Le transport, l’éducation, la restauration, les banques, l’hôtellerie et bien d’autres sont ainsi confrontés à de nouveaux challenges engendrés par le phénomène d’ubérisation et de désintermédiation. Les entreprises sont donc dans l’obligation de revoir leur modèle et process pour faire face, en se concentrant sur des points que les plateformes n’exploitent pas totalement comme la relation client, la qualité ou encore la personnalisation des produits et services

Une ubérisation controversée qui ne connaît pas le middle market

Le succès d’Uber a déclenché une large diffusion du modèle ouvrant ainsi la porte à de nombreux entrepreneurs désireux eux aussi d’importer le modèle californien à d’autres secteurs d’activité. Ainsi, les années suivantes beaucoup de services basé sur ces modèles économiques ont vu le jour avec toujours l’objectif de faciliter la mise en relation du consommateur avec le travailleur.

Néanmoins peu d’entre elles ont survécu, c’est ce que révèlent des statistiques (1) révélées par le journaliste Alexis Madrigal du magazine américain “The Atlantic”. Ce dernier et ses collègues ont réuni un échantillon d’une centaine de start-up créées entre 2011 et 2014 pour voir ce qu’elle sont devenues aujourd’hui. Les résultats sont clair : la moitié d’entre elles ont disparue, et seule une faible minorité ont bénéficié d’un large succès alors que les autres connaissent des résultats très variables. Bien que cette liste ne soit pas exhaustive, elle permet tout de même de se donner un ordre d’idée du succès de toutes ces start-up à la mode.

En parallèle ces nouveaux services ont eu des conséquences notables sur nos modes de consommation et ce peu importe le succès de ces dernières. En effet, ces services, souvent incarnés par la digitalisation (applications), ont permis de simplifier, accélérer et faciliter la consommation du client dans une société où tout va de plus en plus vite.

Si ces plateforme ont ouvert la porte à de nouveaux modèles simplifiant la vie du client et forçant les secteurs à s’adapter, peu d’entres elles ont connu un succès fulgurant. Pour celles qui ont su sortir du lot, certains diront qu’elles ont créé de l’emploi, bien que souvent fastidieux et peu gratifiant, d’autres qu’elles entraînent la paupérisation des travailleurs, assez malvenu dans notre contexte économique tendu. Comme à chaque mutation, il convient cependant de laisser le temps à l’équilibre de se faire avant de tirer des conclusions. Quoi qu’il en soit, la digitalisation des modes de vie ne laisse aucune profession indifférente.

De quoi s’attacher à suivre de près les évolutions et à s’inscrire dans la mouvance digitale, si possible avant vos concurrents…

Patrick BONTE

(1) étude Uber for X
(2) Combien peut gagner un coursier à vélo chez Deliveroo ?
Définition de « ubérisation » par Journal du Net
Cartographie des secteurs ubérisés ou en voie d’ubérisation
Uberisation et économie collaborative